Questões do individuo : homogeneidade e contradição do modo de habitar periurbano Eder RIBEIRO

                            

Desde os anos 70 a paisagem urbana é um tema de predileção para os fotógrafos, é o momento de olhar para a cidade em mutação. A cidade pós-industrial se forma e revela os terrenos vazios ou terrains vagues, os terrenos industriais, os espaços intersticiais, todo um conjunto de lugares « esquecidos » do tecido urbano. Esses espaços abandonados da cidade tomam um lugar primordial no trabalho de certos artistas. Fotógrafos como David Plowden, Jannes Linders, John Davies são alguns deles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

John Davies, 1981       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

David Plowden, 1967                         Jannes Linders - Amsterdan

Essa pesquisa visual sobre os interstícios urbanos participaram na elaboração teórica sobre os terrains vagues.  O arquiteto e teórico Ignasi de Solá-Moráles ( 1942-2001) faz referencia explicita a esses fotógrafos no seu conhecido artigo Terrain Vague[1] , publicado pela primeira vez em 1995.

           

A fotografia tem o poder de explorar os espaços que não estão inscritos no campo do urbanismo, mas que lhe são subjacentes. Ela pode aportar um outro olhar aos lugares que escapam ao modo de compreensão clássica da cidade. Pode ainda propor uma leitura e análise alternativa da cidade, de maneira a construirum saber particular sobre a paisagem urbana e suas questões. Dentro desta perspectiva o comentário do geografo e pesquisador Jordi Ballesta é particularmente pertinente: A fotografia produzida por autores inscritos no campo da arte podem permitir a ampliação da visibilidade dos espaços distantes de nossos olhares, de reorganizar a geografia das analises urbanas, de dar um valor de uso artístico aos lugares esquecidos.[2]

 

 

A fotografia contemporânea e a paisagem urbana.

 

Como o debate sobre o lugar do individuo na organização urbana pode ser revelada pelos fotógrafos do território?

Um corpus de autores foi definida a fim de analisar a produção fotográfica contemporânea através do prisma da paisagem urbana. As exposições  La France de Raymond Depardon  e  France 14 – Regards sur le territoire français apresentadas na Bibliothèque Nationale de France em 2010 assim como Le Mois de la Photographie à Paris 2010  e os Rencontres de la photographie Arles 2006  foram alguns dos eventos importantes em que o território aparece como temática recorrente.

As exposições emArles, 2006 foram propostas por R. Depardon, ele selecionara os fotógrafos presentes na exposição « France 14 ». Podemos citar Raphael Dellaporta, Julien Chapsal, Cyrus Cornut, Olivier Jobard, presentes neste estudo. Os fotografos Alain Lepoup, acanadense Isabelle Hayeur e o mexicano Alejandro Cartagena completam o panorama da fotografia contemporânea em torno da temática da paisagem urbana e mais especificamente da moradia individual.

 

O tema do território é recorrente nessa produção. Origem, identidade, espaço doméstico, são algumas das maneiras de aborda-lo. A periferia, a moradia individual esocial e os terrains vagues sao elementos que constituem tanto identidades particulares quanto genéricas. Nesse sentido, o território periférico é um tema presente na obra dos artistas citados.

 

Esse território de periferia esta também no centro do debate na France. O desenvolvimento contemporâneo da periferia e suas implicações politicas e sociais formam o contexto desta realidade, que a fotografia pode colocar em evidência através de suas contradições e suas

 

Le territoire de l’entre-ville est aussi au centre du débat en France. Le développement contemporain du périurbain et ses implications politiques et sociales forment le contexte de cette réalité, que la photographie peut mettre en évidence au travers de ses contradictions et de suas questões. A socióloga e urbanista Anne Querrien resume esse debate, ela recusa a concepção que divide o espaço urbano em três partes e que se impôs no debate publico: no centro, a boa sociedade, nos conjuntos habitacionais, lumpemproletariado, nas moradias individuais, todos os outros. [3]

 

Assim, esta discussão é em grande parte centralizada em torno da questão do individualismo associado ao modo de vida

Ainsi, cette discussion est-elle largement centrée autour de la question d’individualisme associé au mode de vie pavillonnaire :  L’individualisme peut être défini soit comme un ensemble de représentations et de pratiques sociales qui caractérisent et affectent la vie urbaine, soit comme un ensemble de valeurs liées à la démocratie libérale .[4] La démarche  s’appuiesur l’analyse des signes référants à l’individu, sa place dans la construction d’un imaginaire, l’appropriation des espaces, des questions d’identité  et d’appartenance. Unedémarche articulée autour de regards croisés sur des idéologies divergentes par rapport à ce symbole du périurbain : le pavillon individuel.

 

 

Symboliques des modes d’appropriation dans le territoire périurbain.

 

Le territoire représenté par Raymond Depardon est le paysage de l’ordinaire, auquel nous ne portons habituellement aucune attention. C’est un regard porté sur le banal qui ne semble pas véhiculer une position particulièrement critique ou idéalisée. Il s’agit d’une démarche qui consite à révéler des éléments de la vie de tous les jours liant expériences humaines et appropriation du territoire. Le simple fait de mettre en évidence ces espaces  est déjà une prise de position, delégitimation de ces lieux qui dans leur banalité participent à l'expérience humaine de la formation du territoire.

 

Malgré le fait que la présence humaine soit quasi-absente du travail de R. Depardon, il n’empêche que les signes qu’elle véhiculedonnent l’impression d’une présence forte celle de  sujet de ces territoires de l’ordinaire. Comme le fait remarquer le géographe Michel Lussault : On a la tendance à réduire le territoire au groupe humain, ou le vivre-ensemble au lien social. En « sortant »les êtres humains Depardon montre de façon magistrale la puissance de l’espace dans la vie humaine.[5]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Raymond Depardon - Pas de Calais.    Raymond Depardon – Doubs.

 

Dans la photographie Pas de Calais, nous sommes en présence de pavillonnaire voulant affirmer une identité particulière, atypique. Il s’agit de la recherche d’une forme d’affirmation de personnalité dans le territoire du générique. L’homme, le singulier, face au générique de cette planification territoriale.

  

Chez R.Depardon, la présence humaine s’affirme par des objets qui constituent à la fois des accessoires mais aussi une extension du logement. La piscine en plastique côtoie la voiture qui, elle,  rend possible l’élaboration de ce territoire de l’entre-deux, entre ville et campagne.

Questions du individu/homogenité, contradictions du mode d’habiter du périurbain.

 

Le photographe Julien Chaptal qui a participé au rencontre d’Arles 2006 était aussi présent à l' exposition France 14. Le titre de son travail « Où  suis-je ? » donne un avant de goût de sa demarche. Il opère par recradage des éléments archétypiques de l'univers pavillonaire : les voitures devant les maisons, les parkings, les toits typiques, les jardins. Les élements ne sont pas présents sur les mêmes photographies, mais individuellement représentent des indices qui forment notre imaginaire de la totalité de ce territoire.
Ce sont ces parties isolées qui pourraient être regroupées au hasard, ad infinitun pour former le même paysage homogène et standardisé.
J.Chaptal nous montre avec ses recadrages la contradiction inhérente relative à la question du pavillonaire, d’un côté l’affirmation de l’individu, à la fois formateur et sujet de ce territoire, et d’unautre côté ce lieu qui prend la forme d’un paysage stardard où la presence humaine ce fait par l' indifférenciation et le générique. C’est là où le desir initial du soi rencontre le « où suis-je ? »

 

 

 

 

 

 

 

Julien Chaptal, 2007 - 2010

 

 

Le sujet et l’appopriation affective de l’espace

 

Dans son ouvrage, Une vie de Banlieue de 1995, le photographe Alain Leloup divise la représentation de la vie pavillionnaire en trois parties. En première partiece sont les façades de cet univers  qui sont présentées.La deuxième partie montre les intérieurs et les modes de vie.Dans la dernière il porte un régard sur l'ensemble de ce territoire.La manière de réprésenter les façades se fait par un cadrage frontal où la présence humaine est dans le détail des constructions et des décorations .C'est au travers de ces maisons archétypes, où le chez-soi, par le biais de la façade exprime la manière que l'individu se présente au monde. C’est alors le portrait même de l' individu que l' on découvre dans une profusion de façades, une sorte de collage de tout l’imaginaire pavillonaire où se mêlent l’exotique, le bucolique, le standard, autant d' exemples pris au hasard parmi une multitude.  

 

Si le pavillon est d’abord vécu comme une appropriation affective de l’espace[6],la façade est le lieu de préférence de cette mise en scène où l’homme est représenté par ses références perpétuelles. C’est dans ce contexte d' accumulation d' indices affectifs que s’opère la représentation d’un imaginaire, dont les façades représentent le véhicule privilégié.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alain Leloup , Gournay, 1991           Alain Leloup,Montfelmeil, 1992                               

 

C’est dans la partie « intérieurs » que la présence humaine est explicite et omniprésente. Les photographies révèlent le mode d’habiter et l’appropriation des espaces.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alain Leloup,Le Près-Saint-Gervais, 1992                               

La mise en scène ici n’est pas métaphorique, puisque les habitants participent à une representation la plus réelle possible de leurs propes vies quotidiennes.

Le pavillonaire, d’après le regard de A.Leloup, est le lieu de l’hyperactivité individualiste dans l’espace privé : on bricole, on fait du jardinage, on joue du piano, on fait du sport, on collectionne. Les espaces construits et leur appropriation mantiennent une relation directe avec cette nécessité programmatique exacerbe. Pour la classe moyenne, le pavillionnaire est la réserve ultime de cette aspiration.

Aujourd’hui, en caricaturant un peu, chacun possède ou du moins aspire à posséder sa pièce propre...Auparavant, cela n’était possible que dans des familles très riches. C’est une chose que le périurbain permet beaucoup plus largement.[7]

Bien que le sujet soit hyperexposé, ce sont les objets autour qui communiquent et s’imposent dans cette répresentation. Objets comme collection, comme utiles, comme scénarios, qui participent à la construction affective de l’espace, tout en gardant une relation dynamique avec le sujet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A.Leloup, Rosny-sous-Bois, 1993    A.Leloup, Noisy-le-Sec, 1993   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A.Leloup, Villepinte, 1993                  A.Leloup, Villepinte, 1993   

 

Dans la partie "Autour" A. Leloup explore l'insertion du pavillonnaire dans le tissu urbain.Ses photographies nous montrent d'une part comment le pavillon, expression et domaine de l'individu, s'insère dans le contexte urbain et, d'autre part, le pavillonaire dans un contexte d'absence de réfferents traditionnels de la ville.

L individu participe et fabrique la ville. Le tissu urbain est dans ce contexte porteur des indices de cette participation humaine. La ville est le résultat d'une complexe négociation entre les différents acteurs de l'espace urbain. Ainsi le viaduc, les rues, l'autoroute, le fleuve, le jardin potager participent à cette trame constructrice de la ville, où le pavillon est un acteur parmi d'autres.
Dans cette trame, le photographe met en évidence la rue comme  un élément important structurant du paysage urbain.
A d'autres moments le photographe revèle un territoire où ces complexités sont absentes. Nous sommes ici dans le domaine de la production de masse,  dans les limites de la ville où le genérique est la règle et l'individu qui auparavant participait à la complexité et à la contradiction du paysage est absent dans ce territoire de l'homogénisation.  
Si les éléments humains archétypes de la ville en sont absents,  les terrains autrefois agricoles y ont une présence assez éloquente, mettant en évidence les contraintes et enjeux du mode de vie du périurbain où l'étalement urbain est une question importante du débat.

 

 

 

L’individu  et sont environnement

 

Si le débat en France sur le développement contemporain du périurbain est essentiellement fondé sur la question d' individualialité, et la construction du territoire, on voit que ce débat est bien présent dans la production photographique actuelle. La question de l’étalement urbain et du développement durable est rarement abordée. Les photographes Isabelle Hayeur, canadienne et Alejandro Cartagena, mexicain,  portent un regard particulière sur la question de l’habitat en périphérie et ses conséquences environnementales. Selon Serge Bérard[8]: Le travail de Hayeur exprime de l’inquiétude face à la façon dont l’humanité occupe le territoire naturel et il se situe dans la perspective d’une critique écologique de l’urbanisme.


Le phénomène de l’étalement urbain et ses conséquences sur la nature est présent dans trois séries :Maisons modèles, Excavations et Destinations. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Isabelle Hayeur, Renee, 2004                Isabelle Hayeur, Jade, 2004

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Isabelle Hayeur, Ellen, 2004                  Isabelle Hayeur, Nadia, 2004


Ces travaux s’insèrent dans un discours politique qui met en cause la manière dont le territoire est occupé, tout en s’appuyant par un traitement infographique des images pour renforcer ce point de vue.  
Maison modèles .Les pavillons de banlieue sont un mélange d'ancien et de moderne. A l'apparence extérieure archetypique des maisons,  se joint les techniques de construction  modernes  qui rendent sa réalisation de masse possible.
L’auteur opère une sorte de dissection de ces maisons, en exposant leur mode constructif et leur logique industrielle et en leur donnant  un nom propre. Par exemple : Nadia, Ellen , Renée. Ces pavillons sont ainsi individualiséstout en gardant leur aspect standart et générique.
La présence humaine est toujours absente physiquement, mais participe en tant que imaginaire commeune force motrice et puissante , l’homme machine est présent dans sa capacité de domination et de controle du territoire, la technique en est la représentation tangible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Isabelle Hayeur, Aube                                            Isabelle Hayeur, Blindsight

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Isabelle Hayeur, Succession

 

Dans la série « excavations », I. Hayeur manipule les images numériquement, en assemblant des photographies de terrains archéologiquesavec celles des nouveaux ensembles pavillonnaires.  Les premières sont d’ordre naturel, les autres sont du domaine de l’activité humaine. Une fois combinées elles mettent en évidence les impacts humains sur les lieux. Cette présenceest perçue comme une puissance transformatrice du territoire. L’étalement urbain est ainsi remis en question.

La question de la temporalité est mise en évidence au travers de la jonctiondes photographies qui gardent des temporalités distinctes : le premier plan de la photographie montre les strates qui gardent les traces du temps.

Alors que le second plan est composé  de constructions récentes, déracinées. C’est à partir de cette contradiction opposantces deux sites qu’Isabelle Hayeur construit son point de vue vers la formation de ces territoires.

 

Selon l’auteur : Ce modèle s’oppose à celui de la ville historique fondée sur la sédimentation et la mémoire collective. Il n’établit que des liens réduits et particuliers qui ne contribuent pas à définirune communauté mais encouragent plutôt l’individualisme et la fragmentation sociale.[9]

 

L’autre dispositif qui joue un rôle important dans ces images est la manipulation des échelles : en reconfigurant les échelles des deux photographies l’auteur opère une réorientation du regard entre une image et l’autre qui engendrant un bouleversement deshiérarchies. Ce qui semblait primordial dans la représentation du territoire prend une place secondaire et ce qui était un second plan prend une tout autre dimension, totalement inattendue. C’est ce dispositif qui renforce son propos critique vis-à-vis de l’empreinte humaine à l’échelle du territoire.

 

apparemment les dispositifs, échelles et temporalités, pourraitent remettre en cause les certitudes de la photographie. Il en résulte au final une ratification de ce que l’image représentait. Comme l’affirmait R. Barthes en 1980 : La photographie ne dit pas ( forcément) ce qui n’est plus, mais seulement et à coup sûr, ce qui a été. Cette subtilité est décisive. Devant une photo, la conscience ne prend pas nécessairement la voie nostalgique du souvenir (combien de photographies sont hors du temps individuel), mais pour toute photo existant au monde, la voie de la certitude : l’essence de la Photographie est de ratifier ce qu’elle représente[10].

 

 

L’étalement urbain : l'interdépendance entre l’ homme et paysage.

 

Le photographe Mexican Alejandro Cartagena dans son projet "Suburbia Mexicana" s' interroge sur la relation entre l'homme et le paysage dans lecontexte de l 'étalement urbain.

Il porte un regard particulier sur la périphérie de Monterrey, México, indiquant les effets de cette expansion urbaine à large échelle et son impact sur l'écosystème local: la destruction de la végétation et des réserves d'eau, entre autres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alejandro Cartagena, 2007-2010         Alejandro Cartagena, 2007-2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alejandro Cartagena, 2007-2010         Alejandro Cartagena, 2007-2010

 

Les photographies sont construites de façon à montrer le contraste entre les alentours formés de paysages presque vierges et les nouveaux pavillons construits massivement.  L'appropriation du territoire est encore embryonnaire, puisque il està peine construit, mais l'isolement est déjá perceptible et est renforcé par cet ilôts formé par les pavillons. La présence humaine est étrange et incongrue dans le paysage qui l'entoure.

Cette étrangeté est aussi présente dans la répétition du mêmme modèle constructif et la présence de chantiers nous suggère un processus "ad infinitun"de construction du territoire.

 

La ville traditionelle, avec toutes les trames qui lui sont caractéristiques, est absente de ces lieux et l'action humaine se fait par son rejet. L 'homme n'établie non plus des connections avec les nouveaux autours, puisque le modèle, au contraire du rizhome,  est fermé sur lui- même, incapable d'établir des connections autres que avec sa prope logique ou de changer sa nature, comme nous expliqueG.Deleuze et F. Guattari : Le rhizome n’est fait que lignes : lignes de segmentarité, de stratification, comme dimensions, mais aussi ligne de fuite ou de déterritorialisation comme dimension maximale d’après laquelle, en la suivant, la multiplicité se métamorphose en changeant de nature... Le rizhome n’est pas objet de reproduction.[11]

 

 

L’individu et sa représentation.

 

Lorsque l’on porte un regard croisé sur ces différents points de vue, on  peut comprendre qu’il s'opère une division entre la manière de représenter l'individu et le territoire pavillonnaire.

 

R. Depardon maintient une certaine neutralité, pour lui le sujet participe à la formation de ce paysage périurbain, avec la même légitimité que les autres participants du territoire urbain, les barres et le centre-ville. Il n'y a pas de hiérarchisation. A. Leloupe, situe quant à lui l'individu dans un contexte de renforcement de l’imaginaire, certes individualiste, mais qui répond à des références ancestrales et sociales. L'individu est acteur de son monde en particulier. Leurs photographies sont pour la plupart partie du champ du registre, quicréés une relation d'appartenance entre les lieux et le spectateur. Ce sont des photographies « Habitables » comme nous explique R.Barthes : Pour moi, les photographies de paysages (urbains ou campagnards) doivent être habitables, et non visitables...Devant ces paysages de prédilection, tout se passe comme si j’etais sur d’y avoir été ou de devoir y aller.[12]

 

J. Chapta, par contre, critique le mode de vie standard et sans référence de ce territoire ayant comme conséquence la dilution de l'individu dans des paysages qui se ressemblent de manière déconcertante. Ces territoires génériques sont conformes à l'homogénéisation de la vie contemporaine dans ses divers aspects. Visiblement engagés les photographes I. Hayeur et A. Cartagena dénonce la manière dontl'individu s'approprie ce territoire enignorant les conséquences environnementales. Ce deuxième groupe, en manipulant différents dispositifs, comme le recadrage et la manipulation numérique, transforment les lieux en « inhabitables », où l'humain ne se reconnaît plus. Ces oeuvres traduisent un discours critique à la façon dont les espaces urbains sont conçus avec leurs conséquences.

 

On rencontre le même clivage des points de vue sur ce territoire que l’on retrouve dans le débat concernant le développement contemporain du périurbain, d'un côté l'acception de sa légitimité et de l’autre le questionnement de ce modèle. Comme le fait remarquer Anne Querrie en 2007 : La virulence avec laquelle les urbanistes condamnet l’idéal pavillonnaire, qu’ils contribuent pourtant à mettre en ouevre sur le terrain, nous a incitées à aller y voir de plus près, et à interroger directement le postulat d’une corrélation étroite entre croissance de l’individualisme et périurbanisation.[13]

 

 

 

Si le débat actuel sur le périurbain passe surtout pour la notion d'individualisme, la question environnementale due a l'étalement et à l'homogénéité du paysage urbain est moins abordé.Les réflexions engendrées par ces oeuvres peuvent élargir la compréhension de la place de l’individu dans la construction du territoire, comme le fait remarquer Jordi Ballesta dans sont article de 2008 : La photographie peut réévaluer, à la messure du contexte urbain, l’impact urbanistique de certaines créations architecturales...Elle peut, en recomposant et reordonnant, non seulementfaire exister et rendre compréhensibles des spatialités impensées, mais également agir sur les rapports de force idéologiques relatifs à la conception de l’espace urbain.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

J.Ballesta, « Produire des savoirs sur l’espace urbain à partir de la photographie »,  Lieux communs , no 11, octobre 2008, LAUT, pp.76-93. R.Barthes,  La chambre claire , Paris, Gallimard/ Seuil,1980.

S.Bérard, Inhabiting: the works of Isabelle Hayeur / Habiter: les oeuvres d’Isabelle Hayeur, Québec, Oakville Galleries / Musée national des beaux-arts du Québec , 2006.

J.Deleuze, F.Guattari, Capitalisme et Schizophrénie 2 , Mille Plateaux, Paris, Les Éditions de Minuit, 1980.

R.Krauss,  « Le Photographique » , Pour une théorie des ecarts , Paris, Edition Macula , 1990.

A.Leloup, J.Deschamp, M.Partouche,   Une vie de banlieue , Paris , Éditions Hazan , 1995.

M.Lussault, Télérama Horizons ,  « La France de Depardon », pp 52 ,Paris 2010.

S.Sontag, Sur la photographie , Paris. Christian Bourgois éditeur, 2008.

I.Solà-Morales,   “Terrain Vague” ,  Territórios. Barcelona: Editorial Gustavo Gili, 2002.

P.Zachmann, Ma proche banlieue , Paris, Éditions Xavier Barral, 2009.

 

WebSites :

http://www.davidplowden.com . Site consulté le 2, mai, 2011

http://arles.photographie.com/?p=248 . Site consulté le 2, mai, 2011

http://www.vacarme.org/rubrique288.html . Site consulté le 2, mai, 2011

http://www.annalesdelarechercheurbaine.fr/sous-rubrique.php3?id_rubrique=60 . Site consulté le 2, mai, 2011

 



 

 

[1]I.Solà -Morales,   “Terrain Vague” dans  Territórios. Barcelona: Editorial Gustavo Gili, 2002,pp. 180-193.

 

[2] J.Ballesta, « Produire des savoirs sur l’espace urbain à partir de la photographie »,  Lieux communs , no 11, octobre 2008, LAUT, pp.76-93.

 

[3]V. Casanova, J.Confavreux , « Offrir la ville, entretien avec Anne Querrien », Vacarme , n° 42  La France Pavillionnaire , Paris,  2008.

[4] M.F.Mattei, A.Querrien, Annales de la Recherche Urbaine,  102, octobre,  2007, pp.3

[5] M.Lussault, Télérama Horizons LaFrance de Depardon, ,Outubro 2010 , France Info, pp. 52

[6]J. Deschamps,   Une Vie de Banlieue , Paris , Éditions Hazan , 1995, pp 33.

[7]A. Querrien , propos recueillis par Casanova Vincent et Confavreux , Vacarme , no 42La France Pavillionnaire , Paris, 2008.

 

[8] S.Bérard, Inhabiting: the works of Isabelle Hayeur / Habiter: les oeuvres d’Isabelle Hayeur, Québec, Oakville Galleries / Musée national des beaux-arts du Québec , 2006, pp.12.

 

[9] Isabelle Hayeur, website:  http://isabelle-hayeur.com , consulté le 20 , Mai, 2011

[10] R.Barthes, La chambre claire , Paris, Gallimard/ Seuil,1980, pp 133.

 

[11] J.Deleuze, F.Guattari, Capitalisme et Schizophrénie 2 , Mille Plateaux, Paris, Les Éditions de Minuit, 1980, pp. 32.

 

[12] R.Barthes, La chambre claire , Paris, Gallimard/ Seuil,1980, pp. 66.

[13] M.F.Mattei, A.Querrien, Annales de la Recherche Urbaine,  102, octobre,  2007, pp.5

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